Le terme biodiversité est une expression désignant la diversité du monde vivant, animal et végétal.
Cette diversité peut s’observer à trois niveaux différents :
- les milieux présents sur un territoire donné (forêt, landes, rivières, pelouses…) : diversité écosystémique
- les espèces animales et végétales : diversité spécifique
- l’information génétique
Cette biodiversité a largement contribué au développement des sociétés humaines :
- dans le domaine médical : de nombreux principes actifs de médicaments ont été mis au point à partir de molécules naturelles. L’acide acétylsalicylique, dont l’aspirine, issue de l’écorce du saule
- en tant que ressource naturelle elle fournit les matières premières pour la nourriture (pêche, chasse, culture), l’habillement, la construction, l’énergie
- les écosystèmes fournissent des services naturels : purification de l’air et de l’eau,
- décomposition des déchets et recyclage des nutriments, stabilisation et modération du climat (séquestration du carbone), fertilité du sol par faune et flore, pollinisation , loisirs …
- au niveau s technologique elle a inspiré de nombreux procédés ou formes (biomimétisme)
- une valeur éthique puisque la biodiversité est le miroir de nos relations avec les autres espèces vivantes
Que trouve t-on sur cet ancien territoire minier et sidérurgique fortement remanié par la main de l’Homme ?
Une biodiversité ordinaire dans une diversité de milieux
D’un point de vue de la biodiversité écosystémique, il existe aujourd’hui sur le Bassin 13 milieux, répartis sur 5 grands ensembles, landes, milieux forestiers, milieux agricoles, milieux aquatiques et milieux urbains. Ces milieux sont installés sur des sols acides du fait du de la roche mère.
En savoir plus sur les différents milieux :
Les landes sèches à callunes, 3 % du territoire, elles sont situées sur sol issu d’une roche mère de type métamorphique (à préciser).
La principale espèce est la Callune, plante recouvrante qui sécrète des substances toxiques limitant le développement d’autres espèces végétales
Intérêts du milieu
- présence d’espèces animales remarquables et/ou protégées (Engoulevent d’Europe, Oedipode Grenadine, Couleuvre verte et jaune, Moiré des fétuques…)
- couverture du sol et lutte contre l’érosion
- interface lande/forêt intéressant au niveau écologique et biodiversité.
- ouverture du paysage dans des secteurs encaissés.
Les landes à fougères aigle, 0.5 % du territoire, sont dominées par la fougère aigle.
Intérêts du milieu
- étape de recolonisation du sol avant d’une végétation ligneuse
- ouverture du paysage dans des secteurs encaissés
Ils occupent plus du tiers du territoire et sont en progression mais ils présentent néanmoins un diversité de faciès.
Les châtaigneraies, 9.4 % du territoire, sont localisées sur les versants exposés au nord la plupart du temps et sur sol acide. Elles sont dominées par le châtaignier très souvent accompagné du chêne pédonculé, du bouleau et du tremble. Le sous bois est composée de noisetiers, de cornouillers sanguins et de genêts, de fougère aigle, de lierre rampant, de ronce, de canche flexueuse, de germandrée des bois…
Intérêts du milieu
- réservoir de biodiversité en particulier au niveau des oiseaux, des chiroptères et des insectes
- présence de bois mort et des nombreuses cavités des châtaigniers offrant autant de micro habitats
Les chênaies acidiphiles dominés par le chêne pédonculé, occupent 6.5 % du territoire sur sol acide. Typiques sous nos latitudes, elles sont souvent accompagnées du bouleau, du tremble et du frêne. Le sous bois est semblable à celle de la châtaigneraie mais on y trouve également du chèvrefeuilles, du millepertuis élégant, la de la pulmonaire, et de la houlque molle.
Sur certaines parties du territoire on a d’ailleurs un boisement mixte châtaigneraie et chênaies.
Intérêts du milieu
- stabilisation des sols.
- réservoir de biodiversité ordinaire
- continuité écologique entre les habitats forestiers
Les chênaies à chênes pubescents, occupent 5,6 % du territoire sur des sols siliceux acides, secs des versants sud. Elles se développent préférentiellement sur des sols calcaires et mais leur présence sur le Bassin est liée à l’influence méditerranéenne. Le chêne pubescent se distingue des autres chênes par les nervures duveteuses du dessous de sa feuille.
Parmi les autres espèces présentes dans ces bois, on trouve l’alisier torminal, le troène le genêt à balais, l’aubépine, le prunelier, le genêt à balais la germandrée des bois, la fougère aigle, la callune ou encore le chèvrefeuille des bois…
Intérêts du milieu
- Identique aux chênaies acidiphiles ci-dessus avec un intérêt particulier pour les espèces liées à ce type d’habitat.
Les bois de bouleaux et de trembles occupent 4 % du territoire. Le bouleau et le tremble sont deux essences pionnières, à croissance rapide et faible longévité qui s’accommodent d’une grande variété de sols. Le sous bois est dominée par la fougère aigle, la ronce, le lierre grimpant.
Intérêts du milieu
- étape obligatoire de reconstitution d’une forêt mature après dégradation
La forêt de Robinier faux Acacias de la Vaysse et du Bois noir occupe 2.9% du territoire sur d’anciens terrains miniers (forêt de la Vaysse et du bois noir). Ce boisement comporte également d’autres essences arbres (sapin Douglas, chênes pédonculés, bouleaux, châtaigniers) ainsi que tout un cortège d’espèces végétales (73 recensées) qui font l’intérêt de ce site « nature » sur le Bassin. Cette forêt est la propriété de la Communauté de communes.
Intérêts du milieu
- espace de détente et de loisir
- réservoir potentiel de biodiversité pour la faune
- ressource naturelle bois d’ouvre local
Ces milieux résultent de la gestion humaine. On y distingue deux catégories différentes, les prairies de fauches sur les anciennes découvertes et les prairies pâturées et/ou fauchées agricoles essentiellement.
Les prairies de fauche sur les anciennes découvertes sont issues de la réhabilitation de ces sites. Les talus et les terrasses des découvertes de Lassalle, de la Buissonie et de Cerles ont été semés de graminées afin de faciliter leur végétalisation. Aujourd’hui ces milieux ont tendance à se refermer par la colonisation des genêts, des bouleaux et de peupliers si aucune fauche n’est réalisée pour maintenir leur ouverture. Propriété de la Communauté de communes, elle en assure l’entretien.
Intérêts de ces milieux
- lutte contre l’érosion des pentes
- reconstitution des sols
- réservoir de biodiversité d’insectes et d’oiseaux
Les prairies pâturées et/ou fauchées agricoles majoritaires localisées sur la commune de Firmi ont la particularité d’être associée à un système bocager important. L’interpénétration des haies et des cultures est une véritable source de biodiversité. L’ossature de ce bocage est constitué de haies, de bosquets, d’arbres isolés ou encore de ripisylves.
Intérêts de ces milieux bocagers
- ressource alimentaire via les essences fructifères
- abris et refuges permettant la reproduction
- corridors écologiques linéaires
On distingue :
Les eaux stagnantes constituées de mares, naturelles et artificielles, de bassin d’orage, d’abreuvoir
Intérêts du milieu :
- réservoir de biodiversité pour de nombreux amphibiens dont certains protégés
- support favorable au développement de roselière (joncs), réservoir d’une faune spécifique : oiseaux, amphibiens et insectes
Les eaux courantes représentées par les 4 rivières : le Riou mort, l’Enne, le Banel et l’aval du Riou Viou.
Aujourd’hui l’amélioration de la qualité de l’eau est en nette amélioration depuis 5 ans suite à différents programmes en lien le traitement des eaux usées, l’entretien des berges et des ripisylves (forêt riveraine d’un cours d’eau, correspondant à un corridor très large comme à un liseré étroit et se composant d’essences variées à bois tendres (saules, aulnes, peupliers...) et à bois durs (frênes, érables, chênes...)).
Ces cours d’eau accueillent à nouveau des poissons : vairons, goujons, chevaines, perche, gardons, barbeaux, ablettes.
Intérêts des cours et des ripisylve :
- amélioration de la qualité des eaux
- diversification des habitats aquatiques et rôle de corridor biologique
- stabilisation du lit et protection contre les crues
- potentialités paysagères et récréatives
Ils abritent une biodiversité urbaine spontanée au niveau des, trottoirs et caniveaux, toitures, murs et digues, berges et lits des canaux et rivières, talus de voies ferrées, talus de routes et de périphériques, friches immobilières et industrielles, jardins particuliers…
Le tissu urbain, majoritairement concentré dans les vallées, est diffus et largement composé de maisons individuelles avec jardins, espaces verts et de friches industrielles, offrant ainsi des espaces variés pour l’installation de cette biodiversité urbaine.
Sa préservation passe d’abord par une prise de conscience collective puis un ensemble de mesures.
Intérêt du milieu
- paysager pour le cadre de vie
- absorption des eaux de ruissellements
- fixation des polluants atmosphériques
- diminution des températures estivales
- réservoir d’une biodiversité animale et végétale spécifique (variété horticoles anciennes)
- continuité avec les autres milieux
- lieux d’observations de la vie sauvage en ville
Elle n’a pas encore été recensée de façon exhaustive, néanmoins diverses espèces protégées ont été vues ou détectés : le Pélodyte ponctué, le Crapaud accoucheur, le Crapaud commun, le Triton palmé, la Couleuvre verte et jaune, la Vipère aspic, l’Alouette lulu, l’Engoulevent d’Europe…
Cette faune est également spécifique de chacun des milieux présentés ci-dessus. Tout comme les espèces végétales, elle contribue à leur fonctionnement et à leur équilibre.
Une biodiversité remarquable sur le site du Puy de Wolf
Ni volcan ni ancien terril, le Puy de Wolf est un massif de serpentinite remonté du manteau terrestre il y a quelques millions d’années.
Sur les quelques 124 ha de pentes rocailleuses de faibles altitudes et exposées plein sud.
On distingue 3 types de milieux différents :
- les landes à genêts purgatifs
- les affleurements de serpentine
- les pelouses pionnières sur dômes rocheux
Abritant une flore patrimoniale protégée rare voire unique au Puy de Wolf :
- la Doradille de Marante
- le Tabouret de Firmi (endémique)
- l’Euphorbe de Costes
- la Marguerite du Midi (endémique)
- la Véronique en épi
- la lunetière de Lamotte
Le site du Puy de Wolf est intégré depuis 2004 dans le réseau Natura 2000.
La Communauté des Communes assure la maîtrise d’ouvrage de l’animation du site qu’elle a déléguée au CPIE (Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement).
Une biodiversité dérangeante
Toutes les espèces n’ont pas forcément un rôle très positif dès lors qu’elles ont été introduites dans un milieu qui n’est pas le leur. Elles peuvent devenir un véritable facteur de destruction de la biodiversité locale en rentrant férocement en concurrence avec les espèces présentes. Elles sont répertoriées en tant que plantes invasives.
Il en existe 6 répertoriées sur le Bassin :
- le Buddleia de David ou arbre aux papillons, arbuste originaire de Chine
- le Robinier faux-accacia originaire d’Amérique du Nord
- la Renouée du Japon plante herbacée vivace originaire de Chine
- le raisin d’Amérique plante herbacée annuelle originaire d’Amérique du nord
- le ragondin mammifère originaire d’Amérique du Sud
- l’écrevisse américaine crustacée originaire d’Amérique du nord
Le contrôle de ces espèces afin d’éviter leur propagation et leur installation sur le territoire représente donc un enjeu important. La plus préoccupante sur le Bassin est la Renouée du Japon.